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samedi 25 avril 2026

DEBAERE ou LHERMITE ou le Vrai du Faux

BONJOUR,

DEBAERE Jean Baptiste ou Alfred LHERMITE, la double vie d'un POISSONS.

Jean Baptiste DEBAERE, Né le 25 février 1880 à Tourcoing (17 H) est le fils de Pierre et Sophie MEULEBROUCK, belges d'origine et parents de 7 enfants. 

Il a 10 ans quand son père décède.....et 14 ans quand sa mère meurt. Il ne tarde pas à se faire repérer des services de Police. 
À 16 ans, il est arrêté pour vagabondage et vol ; il écope de 15 jours de prison. Deux mois plus tard, nouvelle condamnation (6 jours de prison et une amende de 500 frcs). Au printemps suivant, il écope de 4 mois de cellule pour Vol, coups et blessures. Sept mois après sa sortie de prison, une 4ème condamnation (30 jours + 500 frcs d'amende) ; durant l'été 1898, on le met "à l'ombre" durant deux mois. L'hiver suivant, c'est 4 mois qu'on le garde. 
Sait-il seulement qu'en France, au bout de 6 condamnations....le bagne vous guette.
Bizarrement, il se tient tranquille. Sa soeur, Pauline, lui aurait-elle fait la leçon ? 
Pauline a deux ans de plus que lui ; elle est native du BÉLIER et est mariée depuis 1894 à Cyrille Joseph VAN HOENACKER (plusieurs fois condamné pour fraude). Ensemble, ils ont une petite Léonora. Ils sont tenanciers d'un commerce.

SOLEIL - 6° POISSONS traduit des événements en rapport avec un effondrement de situation, un naufrage, le redressement de la situation.

Dans la nuit du 8 au 9 Septembre 1901, leur voisin, un vieil avare solitaire, M. LEMENU âgé de 64 ans est retrouvé mort, étranglé. On l'a dévalisé. Une autre proche voisine, Mme DUMOULIN a vu les deux assaillants. Un petit et un grand, pieds nus. De plus, on a retrouvé une paire de chaussures jaunes. Ces chaussures sont celles de Jean Baptiste DEBAERE, 1,69 m. Il aura beau nié. Il est embarqué ainsi qu'un dénommé THINT.

L'affaire est vite bouclée ; le 4 mars 1902, il est condamné à 20 ans de Travaux Forcés au Bagne de Guyane et THINT à 15 ans. Ils embarquent sur le Loire, le 19 décembre 1902.

Arrivé au bagne, THINT lui avoue que son partenaire n'est que son beau frère : Cyrille Joseph VAN HOENACKER dit Souris. DEBAERE tentera bien d'expédier plusieurs lettres au Juge et à son avocat pour demander la révision de son procès. Mais ces missives confiées à des matelots n'arriveront jamais. Résultat, il tentera de s'évader.....
Une première fois, le 28 mars 1907...Repris, on lui rappellera que l'évasion est un crime et on lui ajoute 2 ans de plus à sa détention. 
La seconde fois, le 13 Octobre 1908...Repris, il écope de 3 ans de plus.
Accoutumé à la jungle, à ses dangers, il acceptera une troisième tentative, le 14 juillet 1913. Doté de 800 frcs, il monte à bord d'un lourd canot et avec des compagnons de voyage, il brave les courants, mourant de faim et de soif. La Guyane Hollandaise est leur terre d'asile pour un temps puis ils reprendront la mer pour une plage du Vénézuela où il travaillera dans les mines d'Or et de fer encore quelques mois. Puis reprenant la route à travers la jungle hostile, il arrive à Caracas. Là, il apprend que l'Europe est en guerre. Il parvient à obtenir un livret au nom de LHERMITE Alfred. Muni de ce faux, il se rend au Consulat et demande à se rendre en France afin de servir son pays. De retour dans l'hexagone, à Limoges, il signe un engagement le 23 octobre 1914 au sein du 10ème bataillon de chasseurs alpins.
Le 4 octobre 1915, au Nord de Soulains, il est hospitalisé à la suite d'une fracture du crâne avant de repartir sur le front. Le 4 septembre 1916, nouvelle blessure au front....avant de repartir "faire front" à l'ennemi ; par deux fois en 1918 (mai et Juin) il subit de nouvelles blessures (main, cuir chevelu...).
La fin de la guerre est signée. Il est "libre". On lui attribue la Croix de Guerre. 
Les années passent. Alfred LHERMITE connu comme un homme solitaire reçoit la visite d'un officier qui a besoin d'en connaître un peu plus sur lui pour pouvoir lui attribuer le mérite de ses actions. Mais, Alfred LHERMITE veut faire connaître la vérité. Voilà 20 ans d'écoulés. Il est certain qu'il peut vivre libre. Il avoue donc sa véritable identité. Et surprise, C'était sans compter sur les "crimes" d'évasion ! La prison de METZ lui ouvre les portes. 

Mais voilà que le Tribunal rejette son recours en grâce, le 25 février 1933. 

L'affaire a fait du bruit. Une révision du procès semble peu probable. Son jeune frère, Désiré, qu'il n'a jamais revu et qui a appris en Août 1903, de la bouche de sa soeur Pauline, mourante, qui était le véritable auteur du crime. C'était son époux. Seulement pour l'honneur de sa fille : Léonora, elle avait fait promettre à Désiré alors qu'elle vivait ses derniers instants, de garder le silence. 
Trente ans se sont écoulés. Jean Baptiste DEBAERE doit vivre libre. Il a payé plus qu'il ne faut. Il témoignera. Son beau-frère aura beau nier. 
En mai, il quitte la cellule de METZ pour la prison de Coincy lès Douai.
Comble de malchance, la voiture cellulaire prend feu à Bar le Duc. 
Ses avocats obtiendront cette grâce méritée.

J.B. DEBAERE se marie le 2 octobre 1933 avec une veuve belge : Tarcile DINNEWETH.
Ils vivront ensemble jusqu'au 24 février 1954. Il aurait fêté ses 74 ans le lendemain. Mais son histoire s'arrête là.

Bonnes recherches.
isalucy23@orange.fr