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samedi 11 avril 2026

ARSENIC - jamais 2 sans 3

BONJOUR,

Jamais 2 sans 3. Reconnu COUPABLE de deux empoisonnements.....sur 3, lors d'un premier procès débuté le 3 juin 1930 à Montpellier- le dentiste Pierre LAGET est tout d'abord condamné à Mort avant que la Cour de cassation ne rejette l'arrêt pour une condamnation à perpétuité, le 30 décembre 1930.

Il est envoyé au bagne de Guyane en Octobre 1931. 

Il y sera infirmier à l'Hôpital puis assistant du chirurgien. Son "mérite", 7 ans plus tard, est reconnu ; on réduira sa peine...à 20 ans. Mais il la devancera, en mettant fin à ses jours. Le premier septembre 1944, il s'empoisonne.

C'est sa propre soeur cadette Marie Louise, tombée malade durant l'été 1929 - à Béziers, qui l'accuse de tentative de meurtre sur sa personne après un séjour passé chez lui, et de meurtre sur ses deux précédentes épouses Sarah (en 1922) et Suzanne (3 mois auparavant)

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Pierre LAGET né le 11 juillet 1885 (17 H) à GIGNAC (Hérault) avait eu un parcours très honorable 
19° CANCER ...Un homme tenant d'une main une lance
25° TAUREAU : Sur un plateau un lion rampe, prudent, mais non asservi, devant un homme debout, dominateur, appuyé sur un solide gourdin.

On disait de lui qu'il était un bon élève, sérieux ; il choisit Médecine à la Faculté de Montpellier après son baccalauréat. 1910, diplôme en poche, le dentiste ouvre son cabinet. 
Deux ans plus tard, il rencontre celle qui sera sa première épouse : Irma Sarah ALEXANDRE.  
Mariés en 1912, ils ont un premier enfant en 1913 mais celui-ci ne vivra que peu de temps.
La guerre a éclaté et Pierre LAGET est mobilisé comme Médecin aide-major. 
En 1916, ils ont un fils : Jean René Étienne, plus tard naîtra Gaston.
En Juin 1919, la guerre terminée, il assiste au mariage de sa soeur Adèle avec un médecin aide-major.
En 1920, il est nommé officier de la Légion d'Honneur. 
 Cependant son couple bat de l'aile. Pierre LAGET a pris des maîtresses, il joue l'argent qu'il gagne et son cabinet dentaire s'en ressent. Sarah n'est pas dupe. Les disputes ne sont pas rares et la famille l'apprend. Sarah qui dispose d'un petit pactole a pris soin de nommer légataires ses enfants, laissant seulement l'usufruit à leur père jusqu'à leur majorité. Sage décision certes. Mais, peu après, la jeune femme tombe malade. Les médecins qui la soignent pensent à un cancer, une maladie encore peu connue. Son mari tente de soulager les maux de son épouse en lui confectionnant des tisanes très personnelles puisqu'il y ajoute un peu d'arsenic. Un mois plus tard, le 28 mai 1922, Sarah décède. 
Contre toute attente, 6 mois plus tard, il émet le souhait de se remarier avec...sa belle-soeur : Suzanne ALEXANDRE. Mais en deuil d'une tante, soeur de sa mère, il retarde la date de cette union -que la famille appréhende- à Janvier 1924. Une fille naîtra : Micheline.
Suzanne dont la dote (300 000 frcs) a été versée envisage de prendre un viager. Son époux devient acquéreur de nombreux immobiliers, Il a pris soin de mettre une assurance sur la tête de son épouse,  se remet à sortir et ....se retrouve une nouvelle fois ruiné.
Suzanne tombée malade -sans doute une maladie héréditaire dira Pierre- décède le 12 avril 1929.
Pierre LAGET se remet rapidement de ce veuvage. L'argent guérit bien des maux....chez certains.
Un troisième mariage est en vue. Il tient à légaliser sa relation avec une de ses maîtresses.
Mais c'est là que sa soeur intervient. Elle lui a prêté il y a quelques années une très forte somme (172 000 frcs) qu'elle compte désormais récupérer. 
Après quelques jours de vacances en famille, Marie Louise est prise de toux mais bien soignée, elle se remet. Et son frère n'est pas inquiété.
Fin décembre 1929, alors que les fêtes de fin année illuminent les maisons, Marie Louise tombe à nouveau malade mais cette fois-ci les médecins de famille souhaitent l'hospitaliser. Le 1er février 1930, elle rentre dans un établissement où les visites de son frère sont interdites ! Les médecins soupçonnent un empoisonnement. Après deux jours sans tisane, sans thé, sans soupe préparées par Pierre LAGET, Marie Louise va mieux. Ce dernier lui rendait de très fréquentes visites en après-midi pour prendre le thé et à chaque fois après son départ, elle ne se sentait pas bien. Sur les conseils de ses médecins, elle porte plainte....Et la famille ALEXANDRE en fait de même. 
Le 10 février 1930, Pierre LACET est mis en examen. Un mois plus tard, les corps de ses deux épouses sont exhumés ainsi que celui de sa tante. Pour deux d'entre elles, les décès remontent à quelques années et les corps sont particulièrement endommagés. On retiendra l'empoisonnement pour la seconde épouse. 
C'est donc ainsi que débute son procès. 

Voilà, vous savez tout sur ce triste individu.

Bonnes Recherches,
isalucy23@orange.fr



vendredi 26 septembre 2025

CLÉMENT 3 - LAGET 1

BONJOUR,

Un conflit familial qui dégénère et un homme meurt quand les 3 premiers lui ont monté un traquenard. 

Joseph, le fils du premier mariage d'Alfred CLÉMENT, âgé de 30 ans, gentil, effacé, un peu simplet, il est voué à être berger comme son père. 
Il est né le 5 janvier 1852 (1 H) à Peyrolles dans les Bouches du Rhône et garde ses bêtes dans le Var, à Rians. 

Augustin Hippolite, son second fils, né du deuxième mariage d'Alfred CLÉMENT, a 23 ans.
Il est né le 9 mai 1859 (1 h) à Peyrolles.

Quant au père de famille : Joseph Alfred CLÉMENT, il est né à Jouques, le 23 août 1823 à 10 H

Les deux frères se sont faits surprendre par le garde forestier en train de voler du bois sur le terrain privé d'un particulier. Le garde chasse est intègre. On ne marchande pas. Il a dressé un procès verbal et les deux hommes présentés devant la Justice ont écopé de 6 jours de prison. 
Alfred CLÉMENT a très mal pris cet affront. Ses deux fils envoyés en prison pour quelques morceaux de bois. Ce jour dominical, ses fils sont autour de la table et leur rancune est tenace. Ce LAGET, il faudra lui régler son compte. 
L'idée va faire son chemin dans la tête de nos trois malandrins. 

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Alexandre LAGET est né le 28 juin 1843 (20 H)  à Aureille ; il est marié et père d'un jeune garçon : Jules, 5 ans. Alexandre LAGET était apprécié pour sa gentillesse, son amabilité, sa loyauté. 


Le 12 Juillet 1882, Alexandre LAGET, circule dans la forêt communale et vérifie que tout est normal. 
Il est accompagné du cafetier Marcellin NARD. Alexandre a déposé dans son petit cabanon, un modeste abri, quelques victuailles. Ce sera le bon moment pour une pause gourmande. Il a un très bon saucisson dans son cabas. 
À proximité du cabanon, au pied de chênes bien feuillus, il soulève une grosse pierre sous laquelle il a caché la clef.  Il l'insère dans la serrure et pousse la porte. 
Une détonation éclate. Le garde forestier porte ses mains à sa poitrine. Il s'effondre alors que son compagnon évite de peu les plombs. À la vue de son ami étendu sur le sol, il se jette sur lui mais il est déjà trop tard. Le coup a été fatal. Marcellin NARD bien qu'affolé, quitte les lieux en courant afin de prévenir les autorités compétentes. 

Les gendarmes chargés de l'enquête vont découvrir un système ingénieux habilement conçu ; sur un madrier à hauteur d'homme, un pistolet et un fusil à deux coups dirigés vers la porte sont fixés solidement avec des lanières. Des baguettes disposées en T, reliées aux gâchettes, n'attendent que l'ouverture de la porte pour déclencher les coups de feu. 
Une enquête de voisinage fait apparaître que le père CLÉMENT, Alfred a régulièrement tenu des propos menaçants à l'égard du garde notamment au bar, devant les agriculteurs venus se désaltérer en fin de journée, devant le menuisier qui s'est bien gardé de répliquer.
Mais ce qui va faire avancer l'enquête, c'est l'attitude de Joseph, le "jeune simplet" ; il vient de tenter de mettre fin à ses jours en se tirant un coup de fusil au coeur. Mais en plus d'être benêt, il est maladroit. Il s'est raté. L'épaule a pris la décharge ; dans la pièce, on retrouvera ses dernières volontés ; une espèce de lettre emplie de fautes dans laquelle il s'accuse du meurtre de LAGET. 
"C'est moi que j'ai mis les armes dans la cabane parce qu'il avait menti pour envoyer mon père en prison."
Mais les enquêteurs ne sont pas dupes. Joseph n'a pas les capacités intellectuelles pour concevoir un tel stratagème. On s'est servi de lui d'autant qu'avant ce jour d'été 1882, il ignorait même l'existence de ce cabanon. Joseph a bien contribué à apporter du bois, à serrer les lanières et à charger le fusil...mais le reste c'est Joseph et Augustin qui s'en sont chargés. 
Et puis son père lui a bien répété que lui, il est malade, et qu'on ne lui fera rien. Alors si on les embête, il dira que c'est lui qui l'a fait.
Le 9 janvier 1883, le procès s'ouvre. Les 3 hommes sont présentés ensemble devant la Justice. 
La journée du 12 Juillet est détaillée point par point. Joseph venait de Rians, dépendant du train donc. Un minutage est établi. Les deux autres étaient sur place. Joseph ignorait où se trouvait la clef. Il prétend être passé par le toit. 
La renommée d'Alfred CLÉMENT est désastreuse. Les témoins sont nombreux. Les enquêteurs vont réussir à établir qu'il a bien conçu le piège fatal, entraînant dans sa folie son fils aîné, docile, obéissant, qui ne peut retenir ses larmes et le plus jeune aussi vantard que le père.

Les condamnations tombent. Le père écope de la peine de Mort.  Joseph écope de 20 ans de Travaux Forcés et Augustin s'en tire avec 5 ans de prison. 

Au final, le père sera gracié et envoyé avec son fils aîné au bagne de Nouvelle Calédonie. Mais la vie y est rude là-bas. Joseph, le petit berger ne résistera pas longtemps au traitement ; il meurt 4 ans plus tard, en décembre 1887. Le père, Alfred, semble d'une toute autre nature. Malgré ses 60 ans au moment de la condamnation, il vivra là-bas encore 13 ans mais il n'était pas destiné à revenir. 

Bonne Lecture,
isalucy23@orange.fr