mardi 20 novembre 2018

Marie BESNARD, la Bonne Dame de LOUDUN

La Bonne Dame de LOUDUN

BONJOUR,


La Bonne Dame de LOUDUN , comme certains l'ont appelée,  mérite que l'on s'attache à son thème de naissance.

Née dans la commune de Saint Pierre de Maillé, dans la VIENNE, elle est du signe du LION ;
son ASC est GÉMEAUX.



Ici, on peut appeler le dessin obtenu :  "coupe" ou "bol" avec une concentration de huit planètes dans un secteur d'environ 180 ° .
Certains prétendent qu'avec un tel motif ce sont souvent les difficultés qui le font évoluer et que les challenges sont conseillés.
Question challenge celui de Marie Joséphine DAVAILLEAUD est de taille puisqu'il va s'agir de sauver sa vie.
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Marie Joséphine DAVAILLEAUD bénéficie d'un SOLEIL conjoint à JUPITER en Maison 4
Cette conjonction pourrait faire d'elle une dominante d'autant que JUPITER reçoit 4 aspects : deux aspects aux luminaires, un carré à URANUS, un sextile à NEPTUNE.

La véritable dominante devrait être MARS conjoint à l'ASC et trigone au M.C. mais carré au SOLEIL ; deuxième maître du SCORPION signe particulièrement occupé par un luminaire et deux autres planètes en conjonction.

MERCURE maître de l'ASC, est également bien placé dans son domicile : la VIERGE, représentative de la Maison 6  ; MERCURE y est conjoint à VÉNUS mais carré à l'ASC. 

Ce SOLEIL conjoint à JUPITER apporte optimisme, sociabilité. 
HADÈS explique que cet aspect se traduit par l'acceptation de tous les milieux ; ceux situés au-dessus lui étant favorables, ceux situés au-dessous se conformant à ses vues...même chez les personnalités banales, cet aspect joue un rôle de garde-fou....accordant honneurs et distinctions sociales.....
dans la Maison 4 serait le signe d'un foyer heureux, d'un comportement protecteur vis-à-vis des siens, d'un sens aigu du confort et d'un possible patrimoine immobilier.

seulement JUPITER dans le thème est mal aspecté par MARS en Maison 12 ce qui peut l' amener à subir "les foudres de la Justice", de vivre des conflits et des procédures concernant les biens familiaux. Le risque de procès est donc grand et les épreuves de la Maison 12 dont MARS est le maître,  ne devraient pas manquer. 
Le SOLEIL est le maître de la Maison 4 en Maison 4 : les valeurs traditionnelles et familiales semblent particulièrement importantes, son rôle au sein du foyer, l'importance du patrimoine et l'influence d'un des deux parents. 

PLUTON en Maison 1 est angulaire ; il est le deuxième maître de la Maison 6 (santé, services...), et est carré au Maître de l'ASC  et de la Maison 5 (enfants, amours, créations ...)
Il représente un fort coefficient d'agressivité, de sensualité aussi.
Carré à MERCURE, il peut représenter un danger pour un membre de la fratrie, un danger pour la motricité, un problème à communiquer, un ennemi à travers un courrier, un appel, un mail....dans le voisinage. 

La conjonction MERCURE VÉNUS confère cependant douceur, amabilité, gaieté, une aisance dans l'élocution, une voix pouvant être agréable. 

Marie est fille unique auprès de parents aimants et adorés.F.C. en LION : On rayonne dans la sphère familiale, devenant sans vraiment l'avoir cherché, le centre attractif.
Elle fut un temps  pensionnaire puis revint faire ses études dans son village. 
Une fièvre typhoïde l'empêche de participer aux épreuves du certificat d'études. Elle sera donc utile auprès de ses parents sur leur exploitation. 

  Quand Marie tombe amoureuse d'un cousin de la branche maternelle, ses parents s'opposent à cette fréquentation. Leur réaction est justifiée par l'état de santé de ce jeune homme qui vient d'être réformé alors que le pays a tant besoin d'hommes pour défendre ses frontières. Nous sommes en 1914 la guerre éclate. Marie est mineure ; elle patientera jusqu'au 6 avril 1920, date à laquelle elle épouse celui qu'elle aime : Auguste ANTIGNY de 9 ans son aîné, concierge au Château des MARTIN à BIGNOUX. Auguste souffre d'hémoptysie -sans doute relative à la tuberculose- 

Le mariage est heureux mais aucun enfant ne naîtra de cette union. Auguste ANTIGNY décédera 7 ans plus tard d'une pleurésie. Marie vient de perdre l'amour de sa vie et hérite d'une belle petite somme que lui a laissé son époux. 
NEPTUNE transite le SOLEIL natal en Maison 4 et SATURNE (r) au Descendant.

En bonne catholique elle prend le deuil et revêt le noir. Comme elle est dépressive, sa mère l'envoie dans sa famille, chez une cousine : Pascaline, à LOUDUN ; c'est là qu'elle fait la connaissance d'un certain Léon BESNARD (né Roger Marie Léon) né sous le signe de la VIERGE. Si il est célibataire c'est avant tout un "coureur" et un "vieux garçon"...Issu d'une famille de cordiers, il travaille avec son père sans obtenir d'autonomie financière et l'entente entre ces deux-là est difficile.  (carré SOLEIL-PLUTON) les disputes sont fréquentes ; on raconte même qu'ils "en sont venus aux mains et que le fils a failli étrangler le vieux Marcelin".
Il a une soeur également : Alice Marie Lucie et là encore, il semble bien que la jalousie soit entrée dans leur coeur. Alice est mariée à Marcel BODIN.

Seulement Roger dit Léon est amoureux et poursuit de ses assiduités Marie -retournée auprès de ses parents- finir son demi-deuil. Le jeune homme la demande en mariage. L'union sera célébrée dans la commune de la mariée, le 12 Août 1929. Les deux années de deuil réglementaires ayant pris fin. 
JUPITER transite PLUTON Natal en Maison 1 ; 

La famille de Léon n'est pas venue. Marie ne parvient pas à les réconcilier. (URANUS carré à la LUNE dans le thème de Roger BESNARD) L'année suivante, il semble bien qu'ils prennent des dispositions testamentaires. (SATURNE est toujours en Maison 7)


Les années passent ; aucun enfant ne viendra agrandir leur foyer. Les affaires vont bien. ASC 4° Gémeaux degré de chance - VÉNUS sur 4° VIERGE degré de production.

Marie est sérieuse, économe, bonne gestionnaire. Ils font envie et des lettres désobligeantes leur parviennent. D'autant que la grande-tante : Marie LABRÈCHE Vve LECOMTE décède en Août 1938, laissant un héritage conséquent (plusieurs maisons) à Lucie....en 1938 

Toussaint RIVET, pâtissier, ami de longue date de Léon décède à 60 ans en Juillet 1939
Son épouse Blanche vit très mal son veuvage et Marie est aux petits soins pour son amie : elle l'accueille dans la demeure familiale. Blanche dont la santé décline envisage de céder en viager sa maison à Léon pour  55 000 francs avec un premier versement annuel de 2 400 francs ;

La guerre éclate en Septembre 1939.

Le 5 décembre 1939, Blanche RIVET sentant ses forces s'amoindrir, convoque son notaire pour mettre en place sa succession. Elle ne passera pas l'année ; elle décède le 27 décembre. C'est là que Marie apprend qu'elle est la légataire universelle de son amie.

Le 14 mai 1940, le père de Marie, âgé de 78 ans, décède d'une congestion cérébrale. 
NEPTUNE est en Maison 5 (la maison du père) sur un carré à NEPTUNE Natal en maison 1. 
Marie chérissait ses parents et a un véritable chagrin à la perte de ce père déjà âgé (78 ans).
Sa mère : Marie Louise ANTIGNY  hérite avec sa fille en usufruit d'une ferme et de 40 ha

C'est au tour de la grand-mère de Léon : Louise LABRÈCHE Veuve GOUIN (92 ans) de décéder, en Septembre 1940, laissant un héritage conséquent de biens immobiliers à sa fille : Marie Louise GOUIN épouse BESNARD

Deux mois plus tard, le 19 Novembre 1940, Marie Louise GOUIN devient Veuve. Marcelin qui a déjà fait 3 attaques et est proche de la paralysie totale, décède d'une embolie. Le couple était marié (en 1893) sous contrat. Marie Louise est usufruitière et ses enfants : Lucie et Léon héritent d'une fortune : 227 734 francs. Mais la mère n'a aucune confiance dans son fils. Un expert géomètre a été nommé et Marie Louise le suit dans toutes ses démarches. C'est là qu'elle contracte une congestion pulmonaire. Elle a 69 ans et une pleurésie l'emportera.  
Dans le thème de Marie BESNARD, URANUS est carré au SOLEIL Natal. SATURNE s'oppose à SATURNE Natal. 

Le 16 janvier 1941, Marie Louise GOUIN Vve BESNARD décède  à la suite d'une congestion pulmonaire double. Le pactole revient aux enfants BESNARD. 262 325 francs et les maisons héritées de la grand-mère GOUIN-LABRÈCHE.

Le frère et la soeur se chicanent pour l'attribution de la propriété que Léon s'est empressé de garder.
Léon tient sa revanche.
Les choses sont allées vite et ça continue..... puisque Lucie est retrouvée pendue dans son salon deux mois plus tard......le 27 mars 1941.Et c'est bien Léon qui accompagné du garde-champêtre la trouve accrochée à l'escalier. C'est aussi Léon qui hérite encore. Lucie étant veuve, sans enfant et n'ayant fait aucun testament.
URANUS dans le thème de Marie BESNARD (r) revient sur le carré au SOLEIL Natal. 

Marie BESNARD n'en finira plus de porter le deuil.



1942  Si les finances de Léon vont bien, la santé de Marie s'altère et voici que Marie doit être opérée à la suite d'une péritonite. Elle subira également dans le même temps une ovariectomie.

Des 12 morts qu'on lui reprochera, le seul a avoir bénéficié de richesse c'est Léon. Léon dont on dit qu'il entretient une liaison avec Mme PINTOU, l'amie qui a su se rendre indispensable auprès de Marie BESNARD dont la mère est chez elle, dont les cousines de son mari : Pauline LALLERON et Virginie LALLERON (plus de 80 ans chacune) ont été recueillies du fait de l'occupation par les allemands de leurs maisons.....sont également chez elle.  Mme PINTOU est employée aux PTT et elle occupe -moyennant loyer- la maison de Lucie BESNARD -décédée-. Marie BESNARD a du mal à se remettre de ses opérations. Mme PINTOU est de plus en plus présente auprès du couple et Marie sera témoin de baisers entre elle et son époux.

Louise PINTOU

1945  Un jeune prisonnier allemand "ADY" est affecté aux travaux ruraux. Les deux femmes qui restent néanmoins amies, prennent soin tour à tour de ce jeune homme ....et les rumeurs vont bon train.

En Juillet de cette année, les cousines LALLERON  décèdent à 8 jours d'intervalle. C'est encore Léon qui héritera de ses deux cousines.

L'été 1947 est brûlant dit-on et Léon fatigue ; les travaux de maçonnerie lui sont désormais pénibles. Il semble que tout commence à la ferme des Liboureaux, terre d'enfance de Marie. Marie a cuisiné pour ceux qui se trouvaient là....Au retour, Léon est pris de vomissements. Étant le seul malade, il ne peut s'agir d'un virus de banquet. Léon ne se rétablit pas ; le médecin y voit une angine de poitrine. Ses amis lui rendent visite, Louise également. Le 25 Octobre 1947, il meurt et Marie hurle de douleur et de chagrin. 

Un an plus tard, -à 100 kms de chez Marie-  le château de Montpensier prend feu.  Ce château est occupé par Auguste MASSIP ami de Louise PINTOU.  Auguste MASSIP porte plainte contre Marie BESNARD pour usage de sorcellerie. Une enquête est diligentée. Le coupable est un enfant de 6 ans qui jouait avec des bougies. 

Le 14 janvier 1949, la mère de Marie décède à 87 ans, des suites d'une grippe. Un héritage de plus.

Le 5 février 1949, la maison occupée par Louise PINTOU a été "cambriolée"....on n'y a rien pris, tout a été jeté dehors. Cette maison, Marie BESNARD l'avait vendue à Célestin LANDRÉ, domestique, qui compte bien occupée cette maison et qui l'a bien fait comprendre à Louise PINTOU à qui il a envoyé un huissier.
MASSIP dont la rancune semble tenace et Louise PINTOU -avant de quitter la région- accusent ouvertement Marie d'être à l'origine du cambriolage et  d'avoir empoisonné son mari .....

Marie BESNARD aura connaissance des plaintes contre elle par l'intermédiaire d'une amie. Elle ne comprend pas l'attitude de celle qui s'est dite son amie et à qui elle a donné sa confiance, ouvert son coeur.
La machine judiciaire est en route. Après une première exhumation (celle de son mari) et le 21 juillet Marie est arrêtée. L'instruction dure plus de deux ans et occasionne de nombreuses exhumations. Le procès commence le 20 février 1952, à POITIERS.....SATURNE est opposé à JUPITER durant cette période.  PLUTON transite JUPITER en maison 4 et est au carré d'URANUS Natal.  sa situation est mal engagée et de fait, elle est reconnue coupable de plusieurs empoisonnements dans le but de s'enrichir.
Marie se rend à pied à la prison 

Le Juge qui a constaté des erreurs, réclame de nouvelles expertises et de nouvelles exhumations. C'est une nouvelle instruction qui commence. Le procès se tient à BORDEAUX ... Louise PINTOU ira jusqu'à révéler que c'est Léon qui aurait pendu sa soeur....selon les dires de Marie BESNARD. Les frères MASSIP ont un comportement ubuesque, ils sont intarissables. Le plus important de l'affaire furent les nouvelles recherches sur l'arsenic et sa provenance. Les résultats étant ambiguës, .....

le 15 mars 1954, on accorde la liberté provisoire à Marie contre une caution exhorbitante.....que l'acteur et chanteur Charles TRENET s'apprête à payer. Le 15 mai 1954 après que la caution ait été revue à la baisse et honorée par des cousins, parents et amis, Marie BESNARD retrouve sa maison. 
URANUS est trigone à URANUS Natal - NEPTUNE (r) en BALANCE est sextile au SOLEIL et PLUTON transite la conjonction natale SOLEIL-JUPITER

L'affaire passe dans d'autres mains et de grands chercheurs du Collège de France se penchent sur le dossier. 
on ne peut tirer aucune conclusion des examens – les examens médicaux n’affirment ni n’infirment l’intoxication par l’arsenic – de plus toutes les personnes supposées avoir été empoisonnées ne présentaient pas, de leur vivant, aucun signe caractéristique d’empoisonnement par l’arsenic.

Le 22 Novembre 1961, Marie BESNARD après avoir beaucoup été caricaturée, est acquittée. Elle ne sera pas indemnisée pour le temps passé en prison.


PLUTON est proche de MERCURE natal, NEPTUNE transite SATURNE Natal, URANUS (r) est carré à MARS Natal, le SOLEIL, MERCURE, VÉNUS et MARS sont en Maison 7

Retournée à LOUDUN, Marie BESNARD se décidera à faire paraître deux ans plus tard :  "Mes Mémoires"(MARS 30° Taureau : degré de Renommée) 
Elle vivra encore près de 20 ans, à LOUDUN ; elle fera don de son corps à la Science.
Son avocate écrira plusieurs livres sur sa cliente, dès 1984.


Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr

Les Exécuteurs

BONJOUR,

Dans cette profession (https://www.youtube.com/watch?v=pcMN6eYmcp4)


il faut demander le grand père : Antoine RASSENEUX...exécuteur

le fils Gustave RASSENEUX ou le Gendre : Louis DEIBLER qu'on qualifiait de gauche et jugé trop lent, souffrant d'hématophobie...

le petit-fils : Anatole DEIBLER un rouquin à la barbe bien taillée, en redingote sombre, aux allures de Dandy.

car si cette profession est une transmission de charge c'est également une histoire de famille, de société et d'État.

Après la Révolution, le statut de ces agents contractuels de l'État a été redéfini. 
Ceux que l'on surnommait : Riffleur, Bingre...virent leur statut réhaussé.
Dès lors, il était interdit de les appeler : BOURREAU....
le terme exact requis : Exécuteur de Haute Justice leur fut donc accordé. 

Le Comte de CLERMONT-TONNERRE avait estimé que ces personnages n'étaient que des fonctionnaires accomplissant une fonction sociale. 

"Tout ce que la Loi ordonne est bon, elle ordonne la mort d'un criminel, l'Exécuteur ne fait qu'obéir à la Loi."

Ainsi nous sommes en présence d'une famille complète d'Exécuteurs 


Le troisième de cette lignée :

Anatole Joseph François DEIBLER est né sous le signe du SAGITTAIRE le 29 Novembre 1863 à RENNES à 20 h 30 (acte N° 1072) de Zoé Victorine RASSENEUX et de Louis Anatole DEIBLER âgé de 40 ans, propriétaire Avenue de la Gare -déclarant de la naissance accompagné du grand père : Joseph ANTON. (DEIBLER) et de Stanislas RASSENEUX.-
Anatole Joseph François DEIBLER

La fonction d'exécuteur consistait également a relaté dans des carnets les détails des exécutions (dates, heures, motifs de la condamnation, comportement des suppliciés avant l'ultime moment). (SOLEIL-MERCURE)  Ces 14 carnets dans lesquels il a noté scrupuleusement les derniers moments de ces rois de la cambriole, ces empoisonneuses, anarchistes et autres violeurs, parricides,.... à qui il a ôté la vie, ont été vendus en 2003 lors d'une vente Salle Drouot pour un très bon prix.

Antoine François Joseph RASSENEUX  -père de Zoé- est  "exécuteur" entre 1855 et 1885 à ALGER ; Louis DEIBLER prend sa charge de 1879 à 1899.
Après lui, Anatole DEIBLER occupe ce rôle d'Exécuteur en Chef à la mise en retraite de son père après avoir été formé aux côtés de son grand-père en Algérie durant quelques années, après son service militaire.(SATURNE en Maison 3) 
En 1898, Il a épousé, à PARIS, Rosalie ROGIS d'une famille d'Exécuteurs également.
Rosalie ROGIS


Anatole DEIBLER qui a perdu un premier fils, n'a plus qu'une fille : Marcelle ; 
ce sont donc ses beaux-frères Louis ROGIS et Eugène ROGIS qui se forment à ses côtés.

exécution du chef de la bande des Chauffeurs de la Drôme en 1909


Quant à lui, dès 1906 il doit envisager une reconversion ; en effet, la politique de clémence qui se joue dans le pays ne lui permet plus d'effectuer autant de "missions". Il prendra donc une seconde activité : la vente de champagne, avec pour nom d'emprunt : "François ROGIS". Cependant, durant la 1ère Guerre, son savoir-faire s'exporte vers la Belgique où il est réclamé. (SAGITTAIRE avant tout).

À son décès (en février 1939) survenu brusquement (crise cardiaque dans le métro) la charge revient à ses neveux par alliance :
Jules Henri DESFOURNEAUX

Jules Henri DESFOURNEAUX  -fils de Louis ROGIS- (1939-1951) 
suivi par André OBRECHT -fils de Juliette ROGIS- (de 1951 à 1976)
puis encore Marcel CHEVALIER (1976-1981)

Ce métier d'agent contractuel dans une fonction dite sociale dépendait du Ministère de la Justice : 
Exécuteur de Haute Justice,  
péjorativement dénommé : BOURREAU, 
prit fin avec la mise au rebut de la Guillotine.



Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr

mardi 13 novembre 2018

Juliette Joséphine GAUVIN

Mademoiselle Juliette

BONJOUR,

On a parlé du grand écrivain Victor HUGO. Voyons le thème non pas de son épouse mais de celle qui s'est langui des heures et des jours en attendant son bien-aimé et qui a 77 ans avait toujours pour lui des mots doux.  Mademoiselle Juliette...s'appelait en fait Julienne Joséphine GAUVIN ; elle était née dans la belle ville de FOUGÈRES en Ille et Vilaine, le 10 avril 1806 à 7 h du matin comme vous pourrez le constater ci-dessous.


Melle Juliette ou du moins Julienne Joséphine est du signe du BÉLIER Asc GÉMEAUX.

8 planètes au-dessus de l'Horizon et 5 dans le quart SUD EST.  Avec une bonne répartition des planètes dans les éléments, une dominante humide. (réceptivité, plasticité, expansion...)
Une nature expansive, pressée de vivre, au caractère jeune, amoureux des plaisirs qui recherchera les contacts.
Elle a perdu sa mère peu après sa naissance (décembre 1806) son père meurt l'année suivante (SATURNE opposé au SOLEIL) et elle et ses frère et soeur sont placés en nourrice avant de recevoir une éducation dans un couvent de FOUGÈRES sous la tutelle d'un oncle par alliance René-Henry DROUET, sous lieutenant, époux de leur tante maternelle : Françoise MARCHANDET ; en s'installant à PARIS il lui fait suivre une scolarité dans un établissement de St MANDÉ dès ses 10 ans, peu après le décès de sa soeur aînée : Thérèse en 1813.



Elle est actrice, âgée de 27 ans, quand elle rencontre le trentenaire : Victor HUGO, auteur  de Lucrèce Borgia qui fait un triomphe à la Porte St Martin, en février 1833 ; pas moins de 62 représentations. Elle est connue sous le nom de spectacle de : Juliette DROUET et fait figure de : Princesse Negroni.
S'ensuit Marie TUDOR une oeuvre romantique en prose qui débute en Novembre de la même année.
Elle tient le rôle de Jane mais elle joue si mal qu'elle est sifflée. Sous la pression de DUMAS et de sa maîtresse (également actrice), elle se trouve contrainte de céder le rôle dès le lendemain. Il n'aura pas été le seul à demander ce remplacement. Madame Adèle HUGO s'est chargée également d'émettre ses opinions sur le talent de la demoiselle dont son mari venait de faire la connaissance et a tout fait pour l'éloigner des planches et du mari infidèle. Mais le résultat n'en sera pas meilleur.....ni sur scène ni au sein du couple HUGO.
La carrière de la Demoiselle DROUET commencée 5 ans plus tôt sur les planches Bruxelloises prend ainsi fin malgré un engagement signé comme pensionnaire au Théâtre-Français.
La liaison est désormais connue et colportée auprès du Tout-Paris. On n'omet pas de souligner qu'elle a envoyé à l'auteur un mémoire de 7 000 frcs de sa blanchisseuse en guise de billet doux et qu'il a du souscrire des effets (lettres de change, billet à ordre).
Elle est en réalité couverte de dettes fort élevées. Victor HUGO dont le niveau social a évolué s'en acquittera.

S'il tient les cordons de la bourse....Elle, elle tient parfaitement à jour ses comptes qu'elle lui fournit.

Elle est la mère d'une petite fille : Claire qu'elle a eu après deux années de liaison avec le sculpteur James PRADIER, en 1826.


En 1834, elle s'installera dans une maison de Jouy en Josas louée par l'auteur.



C'est le début d'une liaison fertile en orages, en désillusions, en colères, retrouvailles, réconciliations.
C'est un amour servile tout de dévotion : "je t'aime à genoux..."

Durant l'été, ils se rendront à Louviers, à Évreux, à Brest et sur les bords de la Loire.
Mais dès la fin de l'été, il retourne chez lui et les lamentations reprennent :
"J'ai le coeur serré et les yeux pleins de larmes et aussitôt que je regarde ton portrait, je pleure. Je ne peux m'habituer à cette affreuse séparation....."

L'année suivante ils voyageront en Normandie et en Picardie et ainsi chaque été vers une destination différente. Ce qui ne peut que plaire à notre Juliette dont la LUNE en conjonction de JUPITER en Maison 9 n'attendait que cela. 
En 1836, ils voyageront dans sa ville natale : Fougères ; il en fait état dans son dernier roman Quatre vingt treize  ; la Tour Mélusine qui fait partie de l'enceinte du château ressemble à la Tourgue.
Photographie des frères Neurdein

Le dessin de Victor HUGO réalisé en 1836 et réutilisé en 1873 au moment de sa parution,-dessin à droite- ressemble quelque peu à la Tour Mélusine du Château de FOUGÈRES, -à gauche- photographiée par les frères Neurdein installés à Paris en 1863.

Toto et Juju -petits noms dont ils se sont affublés- vivent ainsi des moments délicieux. Melle Juliette n'est nullement une briseuse de ménage. On se souvient que Mme HUGO est tombée deux ans plus tôt sous le charme de Sainte BEUVE, l'ami de Victor HUGO, le parrain de leur fils et qu'il a très mal vécu cette tromperie. Léopoldine leur fille a désormais 12 ans ; elle est élevée dans un milieu intellectuel et mondain.  Elle se rend au bal, au spectacle, assiste aux pièces de son père et fait parfois fonction de copiste. 

Mais bientôt les deuils s'enchaînent ; Victor HUGO perd son frère, en 1837, Eugène devenu fou.  Melle Juliette perd celui qui a été son tuteur et oncle, en 1842.

C'est auprès de sa maîtresse, alors qu'ils sont en voyage l'année suivante, qu'il apprendra par la presse en Septembre 1843, la noyade de sa fille Léopoldine, âgée de 19 ans, de son gendre puisque nouvellement mariés et de deux autres membres de la famille VACQUERIE dont un enfant de 11 ans. Supportant son chagrin, il s'empressera de s'enquérir de son épouse à qui il écrira immédiatement.

À Juliette qui l'attend, il écrit : 

Que veux-tu que je t'écrive ? 
Que veux-tu que je te dise ? 
Je suis plein de toi. 
Depuis plus de 11 ans, n'as-tu pas mon souffle, mon sang, ma vie ? Que puis-je t'apprendre que tu ne saches ? N'es-tu pas au commencement et à la fin de toutes mes pensées ? 
O ma bien aimée, Il me semble que tu es devenue moi-même, et que quand je te parle, je parle à mon âme.Lis donc ce qui est en moi, et vois comme je t'aime.....   1844

Trois ans s'écoulent et c'est Juliette qui est effondrée de perdre sa fille unique : Claire, emportée par la phtisie. On raconte qu'elle n'a pu se joindre au convoi mortuaire et que c'est Victor HUGO et James PRADIER qui ont accompagné la sépulture. (VÉNUS : la fille)

Beaucoup plus tard donc, quant après qu'elle l'ait suivi sur le même bateau tout en voyageant incognito,  c'est donc Juliette qui occupe la  fonction de copiste, dans l'exil où elle accompagne le grand homme. 

7° BÉLIER : Un sentier solitaire dans la campagne...

Juliette occupe tout d'abord une chambre dans une pension puis un cottage voisin : "la Fallue" mais se plaint de vivre "dans un régime d'ombre" bien qu'il arrive que Victor HUGO vienne travailler auprès d'elle. Des reproches non déguisés pour parler de son état de femme isolée qui s'est condamnée au deuxième rôle : "justement voici ta femme en grande toilette qui va avec VACQUERIE au-devant de toi, probablement. Je compare cette splendeur d'uniforme avec ma livrée de souillon et l'avantage n'est pas pour moi, hélas !"
Cher doux ange, c'est ta fête, c'est la mienne. 
Il n'y a pas d'exil là où tu me souris.
Ce matin, je m'éveille la pensée pleine de toi : je regarde le ciel, il y a des nuages, je regarde mon coeur, il n'y en a pas. ....
.je suis proscrit, ruiné, dépouillé, banni, vaincu ; tout cela n'est rien tant que tu es là, tant que tu m'aimes.   1852


D'ailleurs, depuis 1858, Mme HUGO s'est rebiffée et refuse cette existence presque claustrale. Elle passe plusieurs mois à Paris et à Bruxelles. Son fils Charles à son tour annonce en 1861 qu'il ne reviendra pas. L'amnistie accordée en Août 1859 lui permet ce retour. 
Victor HUGO se rend à Bruxelles également entre 1862 et 1863 ; durant l'été, Adèle profite de cette absence de sa mère pour fuir vers le Canada, à Halifax, poursuivant le lieutenant PINSON de ses assiduités. Elle ne reviendra pas. Elle a même fait paraître dans la Presse l'annonce de leur mariage.
Quant à son fils François-Victor, il est tombé amoureux d'une jeune fille de l'île : Émilie de PUTRON. Celle-ci cependant est tuberculeuse. 

En 1864, Julienne achète en copropriété avec HUGO la première demeure au 20 de la rue d'Hauteville. Ils séjourneront chaque été à Bruxelles, au Luxembourg ou sur les bords du Rhin. 
Leur vie est pleine de rituels. Chaque mardi à partir de 1962,  Victor HUGO donne à dîner à une quinzaine d'enfants parmi les indigents de l'île. Cette année-là, elle recevra d'Adèle HUGO une invitation à se joindre à eux pour les fêtes de Noël. Elle déclinera l'invitation. 

La fête, Madame, c'est vous qui me la donnez. Votre lettre est une douce et généreuse joie, je m'en pénètre. Vous connaissez mes habitudes solitaires et ne m'en voudrez pas si je me contente aujourd'hui pour tout bonheur, de votre lettre. Ce bonheur est assez grand. Trouvez bon que je reste dans l'ombre pour vous bénir tous pendant que vous faites le bien. Tendre et profond dévouement. 
Juliette DROÜET


L'année suivante, Mme HUGO dont le caractère est bien différent, s'installe définitivement à Bruxelles. "tu t'es fixé définitivement à Guernesey en achetant ta maison. Tu ne m'as pas consultée. Moi, je te suis soumise mais ne puis être absolument esclave."  ; 
C'est également à Bruxelles que son fils Charles s'y marie.
Son autre fils François-Victor se remet mal du décès de son amour : Émilie morte le 14 janvier 1865 de la tuberculose.
Adèle, leur fille, continue de pourchasser son amour jusqu'à la Barbade.(1866)
Victor Adrien FOUCHER son beau frère décède en 1866


Je te bénis, ma bien-aimée. 
L'année qui finit a clos la seconde moitié de ma vie ; chaque moitié de 31 ans ; la première moitié passée à t'attendre, la seconde passée à t'aimer. Ce qui me reste à vivre maintenant va s'ajouter à cette seconde moitié, et n'en sera pas distinct, tout en moi étant plein du même amour. Aime-moi. Je t'envoie mon âme. Tu est un admirable être adoré.                                1864


Julienne sera la copiste de ses vers...jusqu'à ce que sa vue baisse et qu'interviendra une jeune orpheline : Blanche (en 1873) qui prendra la relève.....dans bien d'autres domaines auprès de l'insatiable HUGO.

Car malgré ses incartades -plus ou moins longues avec deux autres jeunes femmes du milieu artistique : Léonie d'AUNET durant 7 ans et Alice OZY en 1847- elle persiste à l'aimer et reste dans son sillage jusqu'à la fin, apparaissant même sur les photos de son exil avec les autres membres de la famille qui l'ont finalement acceptée d'autant qu'Adèle a quitté ce bas monde en 1868.

Victor HUGO a eu le plaisir de devenir grand-père ; mais le premier petit-fils décède à 3 mois. L'année suivante, un autre petit Georges va naître mais cette fois, c'est Adèle qui disparaît quelques jours plus tard. Il ne pourra suivre le cercueil que jusqu'à la frontière. Adèle a fait le choix d'être inhumée près de Léopoldine. 
L'année suivante, ils sont à Lausanne quand vient au monde sa petite-fille Jeanne.
Durant l'été 1870, des bouleversements interviennent : Charles qui a été condamné à de la prison pour ses écrits est présent sur l'île. Ensemble, ils plantent le chêne des États-Unis d'Europe dans leur jardin. La France a déclaré la guerre à la Prusse. C'est la défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III. Victor et Julienne ont préparé leurs malles. Ils rentrent en France après 19 ans d'exil.

La Commune se prépare quand subitement son fils Charles meurt d'une crise d'apoplexie à Bordeaux. Le convoi funéraire se poursuit jusque dans la capitale et il part régler la succession à Bruxelles.

Lui qui depuis son retour avait refusé de faire de la politique s'était inscrit aux élections et se trouvant nommé député de Paris pour la Gauche, il avait rejoint Bordeaux où se tenait la nouvelle Assemblée Nationale. La mort subite de son fils avait modifié ses projets. Il soutenait l'amnistie des Communards et sa position lui vaut un échec cuisant aux élections.
Juliette qui s'est installée  55 rue Pigalle a pris à son service une cuisinière : Blanche LANVIN. Dès le mois d'Août et pour une année ils vont résider à Guernesey. C'est à cette période qu'il va tromper allègrement Julienne et qu'elle fuguera durant 5 jours avant de revenir et d'exiger de lui de la  fidélité.

Son second fils est malade, son travail "93" est fini. Ils retournent au 55 rue Pigalle mais deux mois plus tard, après Noël, François-Victor décède.
En avril 1874, sa veuve et ses petits enfants, Hugo et Julienne s'installent 21 rue de Clichy, deux mois après la parution de son livre. C'est là qu'ils reçoivent écrivains et hommes politiques. Le député Édouard LOCKROY en est. Un projet de mariage se forme entre lui et Alice, sa bru.

Fin juin 1878, Victor HUGO qui déploie une inépuisable activité dans tous les domaines, est frappé d'une congestion cérébrale. À l'automne, après une convalescence à Guernesey, il s'installe Avenue d'Eylau avec Juliette. Il est très amoindri, n'écrit que fort peu. 
Pour ses 80 ans en 1881, une manifestation populaire a lieu et un décret de la Ville de Paris paraît au mois de Mai pour que la partie de son avenue devienne l'Avenue Victor Hugo.
Mais Juliette est malade, elle souffre d'un cancer. Elle meurt le 11 mai 1883.



Pas de Panthéon pour Melle Juliette,
son inhumation sera plus simple. Elle est enterrée au cimetière de St MANDÉ, près de sa fille Claire, morte à 20 ans pour laquelle Victor HUGO avait une véritable affection.

Victor HUGO meurt moins de deux années plus tard.


Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr

Nom de code : BELETTE

BONJOUR,

Notre native du signe du CAPRICORNE, est née à PARIS dans le 17ème arrond., à 6 h du matin.

EAU : 4
TERRE : 4
AIR : 2
FEU : 2

Sa mère n'a pas encore 16 ans quand elle lui donne naissance.

Ne croyez pas qu'il s'agisse d'un enfant hors mariage...
Non, non. 
Sa jeune mère s'est mariée onze mois plus tôt en Grande Bretagne.
Et, bien qu'ayant 15 ans révolus, rien n'aurait dû empêcher ce mariage en France, 
si ce n'est que le mariage entre beau-frère et belle-soeur est prohibé (article 162 du Code Civil)
d'autant que l'époux : Joseph BESSIÈRES, né le 2 avril 1870 à Montargis, 
vient de divorcer de la soeur aînée de la jeune femme : Marie née en 1884 et  épousée en 1898.

Sylviane BESSIÈRES

Les premiers mois de l'enfant se passent entourés de ses deux riches parents, dans les plus beaux endroits de PARIS, au soin de personnel attentif (nurse, cuisinière, femme de chambre, cocher...). 
Et puis, un beau jour, le 2 novembre 1907, sa mère : Alexandrine dite Drinette, se fait conduire aux grands magasins Printemps, Boulevard Haussmann,  pour y acheter des gants....



Joseph BESSIÈRES attend sa femme et sa fille à bord du fiacre....
Par les portes arrières du magasin, Alexandrine tenant son bébé dans les bras, regagne la rue de Provence, longe bientôt le lycée Condorcet, arrive place du Havre, pénètre dans le Grand Hôtel Terminus de la gare Saint Lazare, et accède par la passerelle aux quais de la Gare...pour monter à bord du train Transatlantique.

LUNE opposée à NEPTUNE - LUNE conjointe à URANUS

Madame s'évade, son bébé dans les bras, avec une partie du personnel de maison qui a pris une part active dans la préparation de cette escapade, sous le nom d'emprunt d'une amie américaine décédée accidentellement peu auparavant : WEALLSON.

Désormais, Sylviane BESSIÈRES devient Sylviane WEALLSON

Elle vivra durant 6 années dans la majestueuse demeure  de sa richissime jeune mère à CHICAGO 
C'est entre les mains d'une gouvernante et d'une préceptrice bilingue que cette demoiselle débute dans la vie. 
Sa grand-mère maternelle : Marie LÉTANG lui rend régulièrement visite et tente d'apporter quelque réconfort à cette enfant privée de tendresse.
En effet, si Alexandrine ZINS-BESSIÈRES s'est séparée de son riche mari, c'est pour profiter de la fortune que lui a léguée son père : Alexandre ZINS et vivre pour son seul bon plaisir. 

Au bras du plus beau et du plus riche cavalier, elle s'affiche dans les lieux à la mode, dans les plus belles fêtes et n'attend qu'une chose : que son encombrante enfant atteigne ses bientôt 7 ans pour l'inscrire dans un pensionnat. 
Elle-même avait été pensionnaire entre 1898 et 1905 à Saint MANDÉ.

Rentrée 1913 : 
Sylviane est pensionnaire dans un couvent de LONDRES, 
derrière les hauts murs de la prison d' Holloway.

prison d'Holloway 1890
Aux vacances d'été 1914, elle retrouvera sa mère Alexandrine et surtout sa grand-mère Marie, à PARIS, dans l'un de leurs appartements. 

Élevée dans la religion catholique, elle a préparé sa communion solennelle -elle ne sait rien des origines hongroises et juives de son grand-père maternel : Alexandre ZINS qui avait souhaité donné à ses enfants un enseignement religieux catholique.

Elle retournera dans son pensionnat anglais alors que la Guerre fait rage sur le continent et que sa mère s'envole vers le Brésil au bras d'un nouvel amant. 
Les mois passent et elle n'a pas de nouvelles de celle-ci ; âgée de 8 ans, elle vit mal cette absence de nouvelles de cette mère qu'elle aime. Sa santé s'altère et le médecin du couvent alerte la famille de la situation.

Pour la rentrée de 1916, elle sera inscrite dans un pensionnat de campagne Gersoise et c'est sa Gouvernante qui l'y accompagnera -Alexandrine BESSIÈRES ne supportant pas les fumées des locomotives-. 
Le pensionnat transformé en Hôpital de guerre, Sylviane découvre les ravages de la Grande Guerre.

C'est à cette période qu'elle a des doutes sur son identité : celle qu'on surnomme là-bas, "la petite Américaine" entend dire qu'elle ne connaît même pas son nom....pire encore, sa mère lui a laissé entendre que son père était mort lors du torpillage du Lusitania en 1915.


1918 - La guerre est finie : Joie
mais la Grippe espagnole sévit : peur.....et isolement à l'internat.

Désormais, Sylviane doit attendre d'avoir ses 15 ans pour être autorisée à se rendre dans la ferme de ses correspondants de Castelnau d'Auzan où elle découvre le bonheur d'une vie à la campagne et le plaisir des vendanges.

Sa mère vient de se marier -après avoir obtenu le divorce d'avec le père de Sylviane-
le 31/12/1918 à PARIS 10è arr., avec Paul VERDIER -riche commerçant français dont la famille s'est installée en 1896 à Chicago et y a ouvert le "City of PARIS" -



Été 1923, sa mère la convie à la rejoindre à BIARRITZ en compagnie de sa grand-mère : Marie,
à l'Hôtel du Palais


Elle y fera la connaissance de Pierre BOURGUEIL -famille de Clermont Ferrand dans le caoutchouc-
Grand-mère approuve ce choix, seulement la santé de celle-ci défaille et Marie LÉTANG décède en Octobre 1924.

Sylviane est tombée sous le charme du jeune homme cependant elle ne le reverra que deux ans plus tard, lors d'une partie de chasse, dans le Loiret, où sa mère l'a emmenée dans le but de lui faire découvrir le "Beau Monde" et avec l'intention de "la caser".
8° SAGITTAIRE : Une salle de Jeux ; à table deux hommes jouent aux cartes....
11° POISSONS : ...dans les salles de festins....en costumes de fête.
Les invitations ne manquent pas. PARIS : elle est habillée par les meilleurs couturiers, les cadeaux pleuvent et les palais lui sont ouverts :  MARRAKECH, les stars de l'époque lui ouvrent également leur loge, les auteurs lui présentent leur prochains livres, ....sa mère s'évertue à lui faire rencontrer les plus beaux et riches sportifs, la fait entrer dans le monde politique, les demandes en mariage qui lui sont faites sont toutes déboutées. Pierre BOURGUEIL occupe les pensées de Sylviane. 

Puisqu'il en est ainsi, sa mère  décide de l'emmener aux États Unis, en Californie, durant une année.
Sylviane est persuadée de retrouver Pierre là-bas, puisque celui-ci s'y rend régulièrement pour affaires. Sa mère l'en a assurée...pour mieux la convaincre de partir.

LUNE opposée à NEPTUNE

Mais entre temps, cette dernière s'est empressée d'envoyer un télégramme au jeune homme pour annuler le rendez-vous à New York. Sylviane apprendra les manigances de sa mère 40 ans plus tard. Pour l'instant, elle souffre terriblement, pleure et ne comprend pas cette absence lors de son arrivée.

Paul VERDIER va tout faire pour rendre à sa belle-fille son sourire. 
Soirées, sorties, galas, bals costumés, réceptions, spectacles, fêtes, bijoux, cadeaux, ....Pour les 20 ans de Sylviane, c'est un déploiement de luxe, tout ce qui compte aux États-Unis est présent : les Ford, les Chrysler, les Sloan, les Guiness, ...Miss Sylviane VERDIER est désormais connue. Sa photo paraît à la chronique mondaine ou à la Une des journaux : dansant le Charleston, s'enthousiasmant devant un orchestre de jazz, les bras chargés d'énormes bouquets d'orchidées.

Le SOLEIL en Maison 2 peut faire apprécier les plats de prix, de choix, dans un cadre luxueux. En thème féminin, ce même SOLEIL peut rendre les finances dépendantes d'un homme (mari, père).
VÉNUS en SAGITTAIRE donne généralement des goûts de luxe.

Juin 1926 de retour en France avec sa mère et son beau-père, Sylviane en profite pour rendre visite à ses correspondants du Gers. Elle retrouve le père Moussaron auprès de qui elle s'épanche. Il lui propose de l'accompagner - à la façon des retraites de son enfance- à LOURDES, pour un pélerinage.
Les journalistes du Vanity Fair sont là. On découvre une nouvelle facette de Melle VERDIER en infirmière bénévole.

MC 23° Balance : Un médecin examinant un liquide à travers une fiole.
Elle y fait la connaissance de Jean LOYAUT, médecin gynécologue de NANCY, de  7 ans son aîné.
De retour à PARIS, ils entretiendront, en cachette de sa mère, une correspondance à travers laquelle, Jean découvre le fossé social qui les sépare et semble se résigner à abandonner toute conquête. C'est là que Sylviane décide de parler à sa mère de l'affection qu'elle porte au jeune homme.

Tétanisée de honte, Alexandrine qui espérait un mariage avec un tout autre parti, ne laisse rien paraître et accepte même de le rencontrer. Une invitation est lancée. Pour ce grand dîner, il y aura les plus grands pontes de la faculté de médecine de PARIS, et si dans ce domaine, Jean LOYAUT ne fait aucun impair, il n'en est pas de même en matière d'étiquette à table.

Dès le départ des invités, la sentence tombe....."Celui-là   JAMAIS"  
"Si tu l'épouses, je te déshérite".
"Tu prends la porte immédiatement, je ne te revois plus jamais".

Au printemps 1928, Paul VERDIER qui a tenté de convaincre sa "Drinette" de revenir sur ses propos, profite de son absence pour passer quelques jours avec Sylviane sur la Côte d'Azur. Sylviane campe sur ses positions, elle épousera Jean quitte à ne plus voir sa mère et à vivre sans le sou.

C'est ainsi que seule, le 16 Juin 1928, elle épouse Jean LOYAUT, à PARIS dans le 8èm arr.

Le couple s'installe en LORRAINE et aura bientôt à ses côtés : Monique, Bernard, Jacqueline, Guy, Nellie ....Entre 1929 et 1938, Sylviane met au monde 5 enfants : 3 filles et deux garçons.
Ils ont quitté Briey  où visiblement elle n'était pas bien considérée.
NANCY semble mieux leur convenir :  dans un appartement loué où Jean peut exercer sa profession médicale tout en étant chez lui, ils sont à 10 mn de chez ses parents déjà âgés.
Sylviane n'a pas réussi encore à se faire de vrais amis.
Elle a abandonné sa langue maternelle ;
son mari ne parle pas anglais et ne souhaite pas l'apprendre....
les Happy Birthday et les Merry Christmas de ses enfants sont les seuls vestiges de cette vie passée.

La Guerre éclate. Août 1939 Jean LOYAUT est mobilisé sur la ligne Maginot.

C'est l'exode, Sylviane et ses enfants partent en direction de NANTES. Elle devra se dessaisir de quelques uns de ses bijoux avant d'obtenir un petit poste auprès de l'état major du contingent britannique. Quand celui-ci quitte la base, il lui faut choisir de revenir sur NANCY en zone occupée. Elle y retrouve Jean désabusé, défaitiste, démoralisé...

C'est là que l'Américaine surgit : elle reprend contact avec d'anciennes relations héroïques de la Première Guerre -amis de sa mère- et tente ainsi d'intégrer un réseau de Résistance.

MERCURE conjoint à la LUNE : la carrière d'intermédiaire entre plusieurs groupes promet la réussite.
MERCURE conjoint à URANUS : intérêt pour les ondes, la radio ; goût d'une tâche personnelle ; messager ou interprète de différents groupes sociaux.
LUNE conjointe à URANUS : les entreprises présentant un risque la séduisent. Un fort besoin d'indépendance est recherché

Au sein de l'Arche de Noé, elle devient : Belette.
Consciente des dangers qu'elle fait courir à sa famille, elle prend dès lors des dispositions pour leur sécurité et tient informés ses enfants de ce qu'ils devront faire dans le cas où la Gestapo l'aurait arrêtée.

MERCURE sur le 9°CAPRICORNE nous parle  de clé brisée et d'une croix 

réseau de renseignements, récupération, exfiltration, évasions, transmission, code, lignes ennemies ...

La vie de Sylviane a changé.
Le grand vent du large l'anime mettant fin à la routine.


De Septembre 1944 à jusqu'au printemps 45, elle sert d'interprète au Général PATTON.
En Octobre 1944, elle fait la connaissance d'un officier de la IIIème armée, Thomas GREEN à la Brasserie du Grand Hôtel  Thiers de NANCY.
Il faut dire que le Docteur LOYAUT ne participe à aucune des fêtes organisées par les alliés pour leurs membres, ne parlant pas anglais, il ne daigne pas l'accompagner au mess des officiers, ne souhaite pas s'initier au boogie-woogie, et préfère la laisser aller seule à ces dîners. Une brève liaison débutera.

La guerre est finie. Sylviane donne naissance à Muriel, le  14 Juillet 1946.

En février 1947, elle est conviée à se rendre aux États-Unis durant plus d'un mois. L'invitation émane des soldats GI qu'elle a cachés ou exfiltrés ; le départ à lieu de Bruxelles via l'Irlande, les Canaries, Terre-Neuve, Boston, New York. Elle est accueillie comme une Star. De Virginie à la Californie, en passant par le Missouri et le Texas.

JUPITER en Maison 7 apporte succès, notoriété en milieu de la vie.

Les journaux toujours présents flashent à tout va cette américaine si française qui a joué un si grand rôle tant pour les alliés que pour la France. C'est ainsi que Franck MURPHY devenu Juge reprend contact et la rencontre lors de ce séjour. Il ne s'est jamais marié -après les refus de Sylviane à toutes ses demandes en mariage-.
Un nouveau voyage est entrepris fin 1947.
Elle revoit brièvement Thomas GREEN devenu architecte.
Il lui écrira à toutes les grandes occasions : Anniversaire, Nouvel An, Noël, Saint Valentin,....
Durant l'été 1948, elle met au monde un dernier fils : Alain.

La vie reprend son cours à NANCY auprès de son mari.
C'est en participant à des recherches sur les familles qui ont reçu des américains blessés durant le débarquement en Normandie qu'elle retrouve son père : Georges ; âgé de 77 ans, il vit retiré, devenu aveugle, dans un pavillon de Bagnoles-de-L'Orne, étonné de la savoir vivante ; lui à qui sa femme Alexandrine avait fait croire que leur fille avait disparue mais ne figurait pas dans les victimes du paquebot coulé en 1915 par les allemands.
Il n'avait eu de cesse de la faire rechercher.
Il meurt le 2 septembre 1949 à Tessé la Madelaine dans l'Orne.

JUPITER est rétrograde sur son SOLEIL - 
PLUTON en Maison 8 est carré à MARS Natal
SATURNE en Maison 8 est au carré de VÉNUS Natale.

Un jour de 1962, séparée puis divorcée de Paul VERDIER, Alexandrine ose reprendre contact par téléphone avec sa fille  après 34 ans de silence ; il est vrai que tout le tapage fait autour de sa venue aux États Unis était finalement arrivé jusqu'à elle. Ravie d'être grand-mère et arrière grand-mère, elle souhaitait faire connaissance avec la progéniture de sa fille, sa descendance.

Descendue dans le meilleur hôtel de Nancy, elle convoque un à un les enfants du couple pour de somptueux dîners. Mais bientôt, Sylviane et Jean vont se rendre compte des manigances de la Grand-mère si attentionnée qui promet aux aînés un magnifique avenir grâce à ses relations critiquant au passage la vie étriquée de la Province, assurant à un autre qu'il est son préféré, tentant d'éblouir les petits-enfants en subtilisant la fève de la Galette des Rois en la remplaçant par des Louis d'Or....

Sylviane est consciente des risques de division que la venue de sa mère crée au sein de sa famille ; ce clan qu'ils ont bâti court le risque d'éclater. Unis contre ce nouvel ennemi, à l'approche de la Fête des mères, Sylviane et Jean prient Alexandrine de partir et de ne plus revenir. Une telle humiliation ne pouvait rester sans résultat.

En 1972, à son décès, Sylviane veuve depuis 5 ans, reçoit d'un notaire américain un trousseau d'environ 20 clefs de coffres répartis sur le sol américain. Le voyage à travers les États Unis, auquel s'ajoutent les frais relatifs aux impayés de location des coffres, va lui coûter relativement cher. Son héritage est constitué de lettres, d'élastiques et trombones ayant un jour enserrés quelques billets de banque, d'écrins à bijoux vides de toute parure. Alexandrine a dilapidé sa fortune, faisant des dons à des sectes, dépensant à tort et à travers.

MERCURE sur le 9°CAPRICORNE nous parle  de clé....

Sylviane meurt en 1995, entourée de ses enfants, dans une chambre d'hôpital parisien.




Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr