vendredi 12 juillet 2019

Abbé BRUNEAU Poissons pris dans le filet de la Justice

BONJOUR,

Notre personnage est né à Assé-le-Béranger en MAYENNE, le 23 février 1861 à 2 h du matin, dans une famille honorable dont il est le 4ème enfant.

Albert Joseph Pierre, né sous le signe double des POISSONS, est scolarisé à Voutré (- 4 kms plus loin) où viennent d'aménager ses parents.

En 1878, durant l'été, on fait une magnifique découverte dans cette petite localité. Au fond d'une grotte naturelle, à l'occasion de travaux, les restes d'un homme de la préhistoire ainsi que des poteries sont retrouvées. Albert a 17 ans, il intègre le séminaire ....choix parental possible ?!...car il semble bien que le jeune homme ne soit pas fait pour la vocation ecclésiastique.

SOLEIL à cheval sur : un ermitage dans une clairière ; ...missel, croix,.... 
et 5° Un homme aimable encadré par 2 jeunes filles.... 




Moins de deux ans plus tard, il sera renvoyé...on le soupçonne de "petits" larcins bien qu'il n'ait jamais été pris sur le fait.

Qu'importe, ses parents le feront admettre au petit séminaire de Précigné dans la Sarthe, 50 kms plus loin. Il y achèvera ses études. LAVAL lui ouvrira ensuite les portes du grand séminaire.

En Octobre 1886, il a 25 ans passés, il est ordonné prêtre, vicaire de la paroisse d'Astillé, à une cinquantaine de kms de chez lui et à moins de 20 kms de Laval : 


L'abbé BRUNEAU a deux facettes (MERCURE en POISSONS sans aucun doute)...
le jour, il officie après des fidèles et arrive à obtenir d'une religieuse, Agathe BEUCHAUX,  qu'elle lui fasse don de 16 000 francs destinés à une oeuvre ;  cependant, partout où il passe de grosses sommes d'argent disparaissent des presbytères (de 100 à 1000 frcs).
L'office terminé, il troque un habit plus soigné, qualifié de bourgeois pour se rendre à Laval, dans des maisons de plaisirs ou de tolérance (rue d'Ernée et rue des Lices), réside à l'hôtel, use des services d'un cocher, ...il est clair que son modeste traitement de vicaire est insuffisant pour mener ce train de vie...des ressources supplémentaires lui sont nécessaires et ce ne sont pas ses parents bien que propriétaires qui peuvent lui fournir les 30 000 francs qu'il dépensera en 3 ans.

SATURNE 6° Vierge : Un Homme et une Femme d'aspect un peu libre jouent aux cartes ; sur la table des rafraîchissements abondants....

Le vicaire a également la malencontreuse idée d'habiter des logements qui partent en fumée ...et que les assurances ne manqueront pas de rembourser. Quatre incendies mystérieux qui lui rapporteront la somme globale de 9 000 Frcs en moins de deux ans.

8° Gémeaux :.....sans s'inquièter de ce que les étincelles ont mis le feu à la maison qui flambe.

Escroc, voleur, pyromane.....c'est l'escalade !

Le périmètre d'action de l'abbé BRUNEAU est sans doute trop restreint pour éviter les mauvaises langues, les ragots, car en effet, sous cape, les langues se délient. On colporte des suppositions. Les preuves manquent.
Le père FRICOT -natif de Bonchamp (lès-Laval)- âgé de 51 ans-(né le 19 juin 1842 à 20 h) qui vit avec lui au presbytère n'a jamais osé porter plainte quand un jour en ouvrant son coffre, il découvre que ses économies (1500 Francs et 3 titres russes consolidés) ont disparues.
Le prêtre s'est cependant épanché auprès de sa bonne : Jeanne CHARLOU.

Le 2 Janvier 1894, le prêtre FRICOT disparaît.



Contre toute attente, le père BRUNEAU se prête aisément aux recherches, allant chez des cousins du disparu ; l'abbé CHELLES se joindra lui aussi au duo. Suspendues le soir venu, les recherches reprennent le lendemain. La gendarmerie et la mairie sont informées de la disparition. Un puits dans lequel on a trouvé des perches et des bûches, est sondé. On en sortira le corps de l'infortuné abbé dont la tête est fracassée. Suicide ? Crime ?



C'en est trop cette fois. La rumeur enfle et arrive aux oreilles du Procureur. Le magistrat chargé de l'affaire ordonne l'incarcération du prêtre. En 48 heures, le dossier est bouclé. Le procès débute le 9 juillet.
À cela on ajoutera même le crime d'une fleuriste assassinée dans son magasin à LAVAL, quelques mois auparavant et pour lequel on trouvera bon nombre de témoins capables d'en reconnaître l'auteur.

Les chefs d'accusation retenus contre lui : vols, escroquerie, détournements, incendie, assassinats sont suffisants pour lui valoir la peine de mort.
Il nie avec véhémence mais le jury en décide autrement, le 12 juillet.
Il sera reconnu coupable d'un seul crime : celui du Père FRICOT.

Enfermé sous le régime de la camisole, il déprime ; Me DOMINIQUE, son avocat, a fait les démarches en appel ; le pourvoi est refusé.

Reste encore l'avis de la Commission des Grâces Présidentielles.

Ce dernier recours est rejeté.

Le Procès avait attiré une foule importante.

Cette même foule sera tout aussi importante quand DEIBLER, sur la Place du Palais, le 30 Août 1894, à 4 h 55, oeuvrera à son tour et mettra fin à la vie de débauche du Prêtre (atteint de maladie vénérienne) âgé de 33 ans.

Avant de monter vers l'échafaud, Albert Joseph Pierre BRUNEAU a écrit une lettre à l'intention du Juge d'Instruction et à Me DOMINIQUE, son avocat, dans laquelle il se déclare innocent des crimes dont on l'accuse.


Ce matin du 30 Août, à LAVAL, Jeanne CHARLOU est présente. Elle tient à s'assurer que l'exécution a bien lieu.

Sept ans plus tard, l'affaire refait surface à la Une de l'Ouest Éclair du 6 Mai 1901.

À la suite du décès de Jeanne, la bonne de l'Abbé BRUNEAU, dans la ville de NANTES, on aurait pris connaissance d'une lettre qu'elle aurait écrit peu avant et dans laquelle, elle reconnaît être la responsable du meurtre du Père FRICOT.




Bonne Lecture,

Évelyne LUCAS


P.S.    Jeanne CHARLOU n'a jamais quitté la Mayenne ; elle s'est installée près de ChâteauGontier et est intervenue par la suite pour que l'on rectifie cette fausse rumeur. Les journaux de l'époque tentaient pour certains d'entre eux de faire réhabiliter le prêtre qui aurait été victime d'une erreur judiciaire....disaient-ils.

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